Le Grand Paris Express constitue l’un des plus grands projets de transport urbain actuellement en construction en Europe. Au cœur de ce nouveau réseau de métro automatique, la ligne 15 formera à terme une rocade de 75 km autour de la capitale. Premier tronçon de cette ligne à entrer en service, la ligne 15 Sud reliera Pont de Sèvres à Noisy – Champs sur 33 km. Ses 16 gares desserviront 22 communes et accueilleront environ 300 000 voyageurs par jour, avec un temps de parcours de 37 minutes d’un terminus à l’autre. Sa mise en service est prévue en 2027.
Une mission de maîtrise d’œuvre poursuivie jusqu’à la mise en service
Pour la Société des Grands Projets (ex-Société du Grand Paris), SYSTRA intervient depuis 2012 sur le tronçon sud-est de la ligne, entre Villejuif – Louis Aragon (gare non comprise) et Noisy – Champs. Entièrement souterrain, ce secteur de 21 km traverse des zones urbaines denses et dessert huit gares. Dans le cadre d’un premier contrat, SYSTRA, mandataire d’un groupement réunissant les agences d’architecture ANMA, King Kong, Richez-Associés et Valode & Pistre, a assuré les études de conception du tunnel, des ouvrages annexes et des gares, ainsi que leur intégration architecturale et urbaine, la coordination des interfaces et la préparation des marchés de travaux.
Un second contrat, conclu en 2022, prolonge cette mission pendant la réalisation des ouvrages. Il couvre notamment le visa des études d’exécution, la direction et le contrôle des travaux, l’assistance aux opérations de réception, la synthèse technique et architecturale, le suivi environnemental et la coordination avec les systèmes de transport, les réseaux existants et les nombreux projets urbains et immobiliers associés. SYSTRA contribue également aux essais d’intégration, à la préparation de la mise en service et au transfert des ouvrages aux futurs exploitants et mainteneurs.
Découvrir les gares

Mairie de Vitry-sur-Seine
La gare Mairie de Vitry-sur-Seine est implantée sous un parc public, dont elle prolonge le paysage. Sa toiture plantée se soulève pour former une vaste voûte ouverte sur la ville, tandis qu’un ruban de béton blanc accompagne les cheminements depuis le parc et la ligne de tramway T9. À l’intérieur, la descente vers les quais prend la forme d’une « grotte » verticale aux parois organiques en béton projeté, éclairée par des verrières et structurée par un escalier monumental. L’aménagement articule étroitement la gare, son parvis, le parc et les quartiers environnants.
Les Ardoines
Implantée dans un ancien territoire industriel appelé à se transformer en profondeur, la gare Les Ardoines constituera un important pôle d’échanges, en correspondance avec le RER C, ligne du réseau ferroviaire régional parisien, et la future ligne de bus à haut niveau de service T Zen 5. Son architecture reprend l’échelle et l’identité des grandes halles ferroviaires voisines à travers un volume allongé, largement ouvert et rythmé par de grandes arches en béton portant une couverture métallique.
La gare s’inscrit dans un nouvel espace public reliant les quartiers situés de part et d’autre du vaste faisceau ferroviaire. Elle sera directement articulée avec un nouveau pont accueillant la circulation routière, la ligne T Zen 5, des pistes cyclables et de larges cheminements piétons.
Le Vert de Maisons
Construite au contact immédiat des voies ferrées existantes, la gare Le Vert de Maisons assurera une correspondance directe avec le RER D. Son insertion dans un site étroit et fortement contraint a conduit à organiser les circulations autour d’un grand puits central, qui établit une continuité visuelle entre les différents niveaux et fait pénétrer la lumière au cœur de l’ouvrage.
La configuration contrainte du site a nécessité d’élargir le tunnel sur 65 mètres afin d’accueillir les quais et les circulations voyageurs. Ces travaux ont fait appel à des techniques spécifiques de consolidation, notamment la congélation des sols. L’identité minérale de la gare s’inspire des strates d’une carrière de calcaire : les surfaces en béton fibré teinté dans la masse sont associées à des éléments métalliques perforés, composant une architecture à la fois robuste et lumineuse.
Créteil – L’Échat
La gare Créteil – L’Échat s’insère dans un environnement urbain particulièrement contraint, entre la station existante de la ligne 8 du métro, l’hôpital universitaire Henri-Mondor, plusieurs bâtiments et infrastructures techniques, ainsi que de futurs projets immobiliers. Son implantation contribue à créer une nouvelle liaison piétonne à travers le quartier et à améliorer l’accès au pôle hospitalier.
De larges surfaces vitrées et une toiture sculptée font entrer la lumière naturelle dans les espaces voyageurs et inscrivent clairement la gare dans le paysage urbain. Le projet accompagne ainsi la transformation du quartier tout en facilitant les correspondances avec la ligne 8.
Saint-Maur – Créteil
Avec ses quais situés à plus de 50 m sous terre et ses neuf niveaux souterrains, Saint-Maur – Créteil est la gare la plus profonde du Grand Paris Express. Son bâtiment d’accès circulaire, inspiré des halles de marché, s’intègre naturellement à la place et au quartier commerçant environnant.
Une toiture translucide en forme de dôme agit comme une lentille, captant la lumière naturelle pour l’orienter vers le vaste puits central et les espaces de descente. Cette organisation verticale transforme la contrainte exceptionnelle de profondeur en une expérience architecturale forte, tout en assurant une correspondance directe avec le RER A.
Champigny Centre
Champigny Centre occupe une position stratégique à la future jonction des lignes 15 Sud et 15 Est. La complexité de cette interconnexion se traduit par une gare souterraine composée de deux boîtes-quais et de quatre quais, reliés par des espaces de circulation communs.
En surface, le bâtiment voyageur accompagne la transformation d’un secteur aujourd’hui fragmenté par les infrastructures ferroviaires. Ses façades courbes, ses volumes vitrés et les commerces intégrés au rez-de-chaussée contribuent à animer le futur parvis. Dans les espaces intérieurs, un calcaire clair réinterprète de manière contemporaine la pierre traditionnellement employée dans l’architecture résidentielle locale.
Villiers – Champigny – Bry
Située à la rencontre de trois communes, la gare Villiers – Champigny – Bry constituera le cœur d’un nouveau pôle urbain et multimodal. Elle formera, avec une nouvelle gare ferroviaire régionale desservie par le RER E et les trains de la ligne P, un pôle d’échanges intégré. Elle sera également connectée au réseau de bus et à Altival, une future liaison de bus circulant principalement sur des voies réservées.
Son architecture, largement vitrée, privilégie la transparence, la lumière naturelle et la lisibilité des parcours entre les différents modes de transport. La conception anticipe également les interfaces avec un futur quartier mixte, ses espaces publics et les programmes immobiliers prévus à proximité et au-dessus de la gare.
Noisy – Champs
Au terminus Est du tronçon, Noisy – Champs formera un pôle d’échanges majeur entre le RER A et les lignes 15 et 16 du Grand Paris Express. Implantée au centre d’une vaste place paysagère, la gare est conçue comme un espace ouvert, dans lequel patios, circulations fluides et perspectives entre les niveaux conduisent la lumière naturelle jusqu’aux quais.
Sa couverture, formée de deux grandes structures elliptiques entrelacées portées par des poteaux arborescents, rend la gare facilement identifiable depuis les espaces publics environnants. La conception architecturale de cette gare emblématique a été confiée à une équipe dédiée réunissant l’Agence Duthilleul et AREP. SYSTRA assure pour sa part la maîtrise d’œuvre des infrastructures et la coordination des nombreuses interfaces ferroviaires, urbaines et architecturales.