13 juillet 2026
SYSTRA France a remporté l’assistance à maîtrise d’ouvrage technique (AMOT) du futur aéroport de Mayotte, en tant que mandataire d’un groupement réunissant Aéroport de Nice, Mzé Conseil, BRL Ingénierie, Neo-Eco et Ekium.
Mayotte prépare son futur aéroport avec l’appui de SYSTRA

Confiée par le ministère chargé des Transports, via la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et la Direction du transport aérien (DTA), la mission s’étendra de 2026 à 2030 et accompagnera le projet de sa préparation jusqu’à sa contractualisation.

UNE PISTE LONGUE POUR SÉCURISER LES ÉCHANGES

Inscrit dans la loi de programmation pour la refondation de Mayotte adoptée à l’été 2025, le futur aéroport représente environ 40 % des fonds alloués par ce texte aux investissements prioritaires du territoire. Sur le site proposé de Bouyouni M’Tsangamouji, au nord-ouest de Grande-Terre, il doit doter l’archipel d’une piste longue adaptée aux vols long-courriers et ouvrir la voie à des liaisons plus directes avec l’Hexagone et l’international.

L’enjeu est majeur pour Mayotte. L’aéroport actuel de Dzaoudzi-Pamandzi, implanté sur Petite-Terre, dispose en effet d’une piste trop courte pour permettre aux gros-porteurs de décoller à pleine charge, ce qui impose des escales techniques au Kenya et allonge les temps de parcours. Depuis l’émergence, en 2018, d’un volcan sous-marin à 50 km de Petite-Terre, l’île enregistre 400 micro-séismes par mois et s’est enfoncée de 19 cm, selon le Bureau de recherches géologiques et minières. Des évolutions qui renforcent la nécessité de préparer une plateforme aéroportuaire durablement adaptée aux besoins du territoire.

Le futur aéroport et sa piste longue

Longtemps envisagée, l’extension de l’aéroport existant a finalement été écartée en raison de contraintes géologiques, urbaines, environnementales et d’exploitation. Le choix de Bouyouni M’Tsangamouji, sur Grande-Terre, permettrait d’implanter la future infrastructure sur un site moins exposé. Il présente un coût estimé environ six fois inférieur à celui d’une extension de la plateforme actuelle et une empreinte environnementale également réduite.

UNE MISSION D’ACCOMPAGNEMENT DE QUATRE ANS

La mission d’AMOT confiée au groupement vise à accompagner et sécuriser les prochaines étapes du projet. SYSTRA France contribuera d’abord au cadrage technique du montage contractuel, en aidant le maître d’ouvrage à préciser les choix structurants, les interfaces, le calendrier global de l’opération et les conditions de mise en œuvre du projet.

Les équipes interviendront également sur les analyses techniques préalables nécessaires à la préparation de l’opération. Ces travaux devront permettre d’éclairer la programmation du projet au regard de ses enjeux environnementaux, paysagers, urbains et aéroportuaires, mais aussi des sujets liés à l’économie circulaire, à la valorisation des matériaux, aux besoins d’hébergement et à l’approvisionnement en carburant aéronautique.

Le volet agricole fera l’objet d’un accompagnement spécifique, avec l’animation d’un comité de suivi, le dialogue avec les exploitants, la préparation des états des lieux et l’appui à la relocalisation des exploitations concernées. Il intégrera également la définition des mesures d’indemnisation, des équipements d’avenir et des compensations collectives à soumettre aux instances compétentes.

Un autre volet portera sur l’aéroport actuel de Dzaoudzi-Pamandzi. Le groupement réalisera un diagnostic de la plateforme existante, afin d’identifier les adaptations nécessaires pour maintenir la continuité de service jusqu’à la mise en service du nouvel équipement.

Enfin, SYSTRA France accompagnera les futures procédures de mise en concurrence, qu’il s’agisse d’un contrat de concession ou de conception-réalisation. La mission couvrira la préparation des dossiers de consultation, l’analyse technique des offres, l’appui aux jurys et aux négociations, puis la mise au point finale des contrats.

Les premiers travaux préparatoires sont attendus à partir de 2027. La mise en service du nouvel aéroport est prévue à l’horizon 2036.

Notre ambition est d’apporter à l’État une AMO technique de haut niveau, capable de conjuguer vision stratégique, excellence opérationnelle, ancrage territorial et maîtrise des risques pour transformer cette ambition publique en réalisation concrète.

Sébastien Mercier, Directeur de projets pour l’Océan Indien, SYSTRA France

Une présence locale structurée dans l’océan Indien

Depuis l’ouverture de son antenne à La Réunion en 2023, SYSTRA France a progressivement renforcé son ancrage dans l’océan Indien. L’équipe compte aujourd’hui six collaborateurs permanents basés à Saint-Paul et Saint-Pierre.

Cette présence locale permet de couvrir un champ large de missions : études de mobilité, économie des transports, pilotage de projets d’infrastructures, procédures réglementaires, conduite d’opération, OPC, concertation et accompagnement des maîtrises d’ouvrage. Elle s’appuie également sur un réseau de partenaires locaux, mobilisé selon les besoins des projets.

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