Planification des transports : les outils digitaux transforment la donne

Planification des transports : les outils digitaux transforment la donne

Les bureaux d’études et de conseil en mobilité doivent s’adapter pour répondre aux enjeux liés au numérique, et pour en faire bénéficier leurs clients. Les explications de Diana-Luz Houdayer-Laborde, Transport Planning Project Manager et Product owner chez SYSTRA.

La révolution numérique a gagné le domaine de la mobilité. Nous l’expérimentons en tant qu’usagers, chaque fois que nous prévoyons un déplacement, et que nous le réalisons en choisissant en temps réel le mode de transport qui nous semble le plus adapté.

Le déploiement du digital révolutionne également la manière dont les collectivités territoriales planifient leurs réseaux de transports à court, moyen ou long terme. Lors de la réalisation d’études stratégiques visant à définir et planifier un système de transports, il faut prendre en compte de nouvelles sources de données, et mobiliser de nouvelles méthodes et outils de traitement pour analyser toutes ces données. Au-delà de ces aspects techniques, il convient de modifier profondément la façon de conduire la réflexion, pour placer « le client au centre » : produire des livrables plus interactifs avec plus de possibilités de visualisation, mener des démarches de co-construction pour faire mûrir la décision et favoriser une plus grande « autonomie » du client, mais aussi sensibiliser ce dernier à de nouveaux enjeux tels que l’ouverture de la donnée et du code.

Comment le numérique transforme-t-il, à toutes les étapes, le déroulement d’une étude de planification des transports ? Et comment les bureaux d’études et de conseil en mobilité doivent ils s’adapter pour intégrer pleinement toutes les possibilités du numérique dans les études conseil, et éclairer les choix des décideurs avec une information enrichie et pertinente ? C’est ce que nous allons voir.

1) Réaliser un diagnostic de la mobilité : les apports des nouvelles données mobiles/GPS, de l’open data et des outils collaboratifs

Classiquement, les sources de données d’entrée principales sur la demande sont les enquêtes mobilité certifiées Cerema réalisées à l’échelle d’une agglomération (déplacements tous modes, tous motifs), les "migrations alternantes" de l’INSEE (trajets domicile-travail, domicile-études), ou encore les données de fréquentation des réseaux de transport (comptages routiers, données billettiques, enquêtes "origine-destination" des exploitants). Celles-ci peuvent être complétées par des enquêtes ponctuelles calibrées par rapport au besoin d’une étude en particulier.

La généralisation du smartphone et des GPS a permis l’émergence de nouvelles sources de données : traces mobiles, données GPS (Waze, Tomtom), ou données des boitiers connectés des véhicules. Les bureaux d’études et de conseil en mobilité doivent connaître les points forts et limites de ces nouvelles sources de données par rapport aux sources traditionnelles, selon le contexte particulier de l’étude qu’ils doivent mener. Ils doivent savoir intégrer ce type de données dans leurs processus de production, et s’adapter à l’hétérogénéité des sources, afin de fournir aux collectivités territoriales des visualisations qui les éclaireront de manière globale sur la mobilité au sein de leur territoire.

Le numérique a également modifié la façon de réaliser le diagnostic d’une offre de transport sur un territoire donné. Aujourd’hui par exemple, il est possible de s’appuyer sur des outils collaboratifs et libres pour indexer, structurer et cartographier une offre de transport informelle. Par ailleurs, de plus en plus de données sur les réseaux de transports sont disponibles en open data pour réutilisation par des tiers.

Dans ce domaine, les bureaux d’études et de conseil en mobilité doivent assurer une veille sur les outils existants, maîtriser les différents formats et standards ainsi que les enjeux juridiques pour accompagner les collectivités dans la collecte, la mise en conformité et la publication en open data de leurs données ; enfin, ils doivent développer des services de visualisation et d’analyse de l’offre de transport pouvant se plugger sur ces données.

A titre d’illustration, SYSTRA a développé un outil numérique cartographique pour la représentation de l’offre de bus francilienne pour le compte de la RATP. Baptisé Cartobus, cet outil s’appuie notamment sur des algorithmes métiers pointus permettant de répondre aux défis techniques de représentation d’un réseau de transport à partir du format standard conçu par Google qui s’est généralisé pour publier des données de transport en commun sur le web en open data.

2) Anticiper l’évolution des besoins : vive les modèles open source de prévision de trafic !

Traditionnellement, dans les études de planification des transports, les modèles de prévision de trafic sont réalisés sur Excel (notamment dans le cadre de modèles simplifiés), ou sur des logiciels propriétaires (pour des modèles plus complexes).

Aujourd’hui, l’écosystème Python (le langage informatique ainsi que les outils et librairies déjà développés) s’impose comme un environnement privilégié pour une partie de la production technique liée aux études de planification : manipulation de données et modélisation. Ainsi, dans une démarche open source, en s’appuyant sur les librairies existantes de Python, et en développant des librairies métiers, il est possible de construire des modèles qui s’affranchissent des limites des logiciels propriétaires. En plus d’apporter au client davantage d’autonomie et de lisibilité, ces logiciels reposent sur des formats légers, faciles à échanger et à tracer en mode collaboratif.

Dans le cadre du Smart Mobility Plan de Chandigarh, SYSTRA a ainsi proposé une méthodologie combinant l’utilisation de ses solutions Linedraft (voir ici) et Quetzal (voir ici) afin d’identifier des corridors de transports en commun en site propre, et d’en estimer le trafic futur.

3) Bâtir et évaluer des scénarios d’évolution de l’offre : la révolution « test and choose »

Rassembler les étapes de l’élaboration de scénarios et de leur évaluation est désormais possible, car le numérique a l’avantage majeur de permettre la construction de solutions interactives et collaboratives facilitant le rebouclage, et donc l’optimisation des projets.
En amont, il faut développer une interface sur laquelle on peut construire et éditer des scénarios de réseaux de transports, ou bien choisir différentes options stratégiques (d’investissement, d’exploitation, d’organisation), avec la mise à disposition, en temps réel, d’indicateurs de performance associés (attractivité du réseau, coûts d’investissement, coûts d’exploitation, taux de rentabilité…).

Le défi consiste à développer des algorithmes métiers s’appuyant sur l’expertise accumulée en planification des transports, faire des choix pertinents en termes de technologie et d’architecture (enjeux de performance, et d’évolutivité), intégrer des webservices open source amenant de la valeur, tout en travaillant l’interactivité et la convivialité de l’interface.
Accessibles immédiatement par les clients à partir d’un simple navigateur web, ces applications permettent alors de développer une démarche collaborative et itérative - « test and choose » - dans le procédé de définition et d’optimisation d’un projet de transport ; et ce, en intégrant les contraintes et opportunités le plus en amont possible !

SYSTRA a ainsi développé Itsim (voir ici), une solution web agile permettant d’évaluer en quelques clics, via une interface graphique conviviale, diverses configurations de réseau, pour être certain d’offrir le bon niveau de service au bon endroit. Cette solution a notamment été utilisée dans le cadre d’un plan de transport à Saint Domingue pour réaliser la restructuration du réseau de transport.

4) Actualiser son plan d’action : la puissance d’un module applicatif stratégique

Une fois une stratégie ou un scénario défini, il y a un véritable enjeu à faire vivre le plan d’action associé en assurant son suivi dans le temps et en le mettant à jour en fonction de nouvelles informations stratégiques ou opérationnelles.

Cette démarche peut, elle aussi, se faire de manière très interactive. On utilise à cet effet un module applicatif stratégique qui intègre l’évaluation initiale de la stratégie ou du scénario choisi sur un ensemble d’indicateurs, puis qui permet de suivre le plan d’action associé (hiérarchisation des actions, programmation, avancement), et de l’ajuster avec une évaluation des impacts (délais, coûts…).

Intégrer le numérique dans l’étape de planification des transports apporte, comme on l’a vu, de nombreux bénéfices :
-  une valeur accrue de toutes les productions, découlant de l’utilisation de toutes les données disponibles ;
-  une meilleure réponse aux enjeux stratégiques de la phase de planification, grâce à un processus plus agile permettant de tester, évaluer et échanger sur de plus nombreux scénarios ;
-  une plus grande transparence avec des hypothèses plus explicites, et une meilleure compréhension des impacts des choix réalisés sur les coûts et bénéfices ;
-  une extrême souplesse du plan d’action, puisqu’il peut être actualisé au fur et mesure en fonction de nouvelles informations stratégiques ou opérationnelles.

En permettant des choix plus éclairés, qui peuvent être réalisés par les décisionnaires les plus proches des problématiques de mobilités d’un territoire, ces solutions digitales visent donc à bénéficier à l’ensemble des citoyens !

Contact chez SYSTRA :


Diana-Luz Houdayer-Laborde

dllaborde@systra.com

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