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date_published: 2023-02-03
date_modified: 2023-02-10
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  - Trains suburbains
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# RER #2 : les trains suburbains vus d’ailleurs

**Si la question du développement des réseaux de trains suburbains suscite un regain d’intérêt médiatique en France, elle est tout autant d’actualité hors de nos frontières. Comment ces trains sont-ils utilisés sur les autres continents ? Quels sont les enjeux en termes d’investissement et de gouvernance ? Nos experts nous livrent leur analyse en Inde, aux États-Unis et en Asie.**

## 󠀁**en inde, des trains essentiels aux populations**󠁿

Sous l’égide de la compagnie nationale Indian Railways, sept villes ont mis en
place des réseaux de trains de banlieue à différentes échelles.

La première d’entre elles, Mumbai, avec ses 370 km de lignes, transporte près de
8 millions de passagers par jour dans des trains pouvant assurer un service
toutes les trois minutes en heure de pointe. Ils roulent portes ouvertes et sont
entièrement pilotés manuellement. SYSTRA y étudie la possibilité de fonctionner
portes fermées avec un système de climatisation.

![](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2023/02/mumbai-1024x683.jpg)

_Mumbai, Inde._

À Delhi et Hyderabad, les réseaux existants, bien qu’étendus, entrent en
concurrence directe avec les réseaux de métro qui concentrent la grande majorité
des investissements.

Ces trains ont pourtant une importance vitale pour les classes populaires : ils
sont les seuls à pouvoir transporter les vendeurs de fruits et légumes, de
poissons et de produits laitiers avec leurs marchandises, de leur domicile aux
étals des marchés locaux.

Ils sont aussi un rouage essentiel aux travailleurs, pour qui un abonnement de
métro, jusqu’à 4 fois plus cher, est inabordable. 30% de la population vit
actuellement en « zone urbaine » mais cette part passera à plus de 50% à
l’horizon 2050. Ce développement à marche rapide ne pourra pas être soutenu par
le seul métro.

Or, la fragmentation de la gouvernance et la concentration des investissements,
nationaux comme étrangers, sur un seul mode de transport, freine le
développement de nouveaux projets de trains de banlieue.

Pour autant, SYSTRA travaille étroitement avec Indian Railways, qui apprécie
notre expertise technique, ainsi que l’apport de retours d’expériences
internationaux pour ouvrir de nouvelles perspectives à ces trains du quotidien.

## 󠀁**aux états-unis, la concurrence de la voiture**󠁿

Au pays de la voiture, les notions d’urbain et de périurbain sont relativement
floues. À l’image de Los Angeles, les villes sont multicentriques, et leurs
réseaux à multidistribution. Le _commuter rail,_ qui se rapproche le plus du RER
à la française, a généralement une desserte assez faible, concentrée sur les
migrations pendulaires du début et de la fin de journée, sur des axes
banlieue-centre.

Par ailleurs, la crise sanitaire a relancé le débat sur la densification des
réseaux existants, notamment sous l’effet de la modification des flux de
personnes induite par le télétravail et les modes hybrides de travail. La
préférence semble aller à des projets de light rail, des dessertes urbaines ou
l’amélioration de la qualité de service sur les lignes existantes, comme ce qui
est fait, avec le concours de SYSTRA, sur le BART de la baie de San Francisco.

![](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2023/02/nyc-min-1-300x200.jpg)

_New York, USA._

L’administration Biden a lancé un grand plan infrastructure, motivé par les
impératifs de la transition écologique, mais ces impulsions fédérales peinent
encore à redescendre au niveau des États et des villes, seules décisionnaires en
matière de réseaux de mobilité. Historiquement, le transport public est associé
à la classe populaire et aux franges les plus défavorisées de la population :
gravir l’échelle sociale se fait grâce à la voiture individuelle, au détriment
des transports en commun.

La plus grande partie du réseau ferré appartient à des entreprises de fret qui
donnent la priorité à leurs opérations. Les lignes sont donc peu étudiées pour
desservir les bassins de population, et investir dans leur densification en
l’état ne répondrait pas vraiment aux problématiques de mobilité.

Mais les choses bougent, notamment dans quelques villes, comme Los Angeles,
Seattle, San Francisco ou Austin, qui mettent en place des systèmes de taxes
locales pour financer de nouvelles infrastructures. Bien sûr, la situation est
radicalement différente à New York, ou plus largement dans la Tri-State Area,
son aire urbaine qui s’étend sur trois États : dans cette zone qui compte 23,6
millions de résidents, le développement d’un réseau de transport public a
toujours été structurant et appuyé politiquement. Les rénovations de Penn
Station et Grand Central, deux hubs emblématiques qui voient passer chaque année
plus de 135 millions de voyageurs, en sont le dernier exemple.

SYSTRA est très présent dans tout le pays pendant les phases de design et
d’ingénierie, notamment sur les projets de modernisation comme à San Francisco
ou New York : notre expertise technique et notre maîtrise des “nouvelles”
technologies importées d’Europe nous donnent un temps d’avance sur nos
concurrents américains. Notre vision du transport public comme levier de
développement nous permet aussi d’apporter un regard neuf sur ces problématiques
et d’ouvrir des réflexions sur la base de nos expériences internationales.

## 󠀁**en asie, une densification des réseaux existants**󠁿

Sur une zone aussi vaste et hétérogène que l’Asie, les situations varient
grandement d’un pays à l’autre, mais quelques points communs demeurent.
L’acquisition de terrains étant particulièrement complexe, une part importante
des projets ferrés se font sur des emprises ferroviaires existantes que l’on
vient densifier, souvent avec des voies surélevées en viaduc.

Les niveaux de maturité face à la stratégie de développement de commuter rails
sont très disparates : certaines villes ou territoires sont déjà bien avancés et
ont des réseaux bien planifiés, comme Hong Kong, Singapour ou Séoul. D’autres
villes n’ont pas de stratégies prédéfinies, et se retrouvent avec à une
multitude de projets portés par différents acteurs avec un intégration limitées.
C’est notamment le cas aux Philippines ou en Indonésie.

![](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2023/02/hong-kong-min-1024x683.jpg)

_Hong-Kong._

Le positionnement de SYSTRA dans la région est particulièrement apprécié : notre
expertise internationale est un gage de crédibilité, et notre présence
permanente dans de nombreux pays depuis des décennies, est rassurant en termes
de compréhension du contexte local. Sur le ferroviaire, et plus particulièrement
le _commuter rail_, nous avons développé une bonne connaissance des pratiques et
technologies existantes (japonaises, chinoises européennes…) pour être à même
d’apporter des réponses sur mesure de manière totalement indépendante.

Nous savons accompagner nos clients sur des technologies très diverses, et
délivrer une très haute qualité de service sur des projets aux exigences parfois
bien supérieures à ce qui est attendu en Europe. Dans certains pays, notamment
Hong Kong et Singapour, les pannes font la une des journaux !

Nous sommes par exemple impliqués sur le projet de North South Commuter Rail
(NSCR) aux Philippines, avec des études pour 18 stations RER alimentées en
énergie solaire, mais aussi à Hong Kong, pour la planification du réseau ferré à
horizon 2030, ou encore en Thaïlande, sur un projet hybride de grande vitesse et
trains de banlieue, pour desservir la banlieue lointaine de Bangkok ainsi que 3
aéroports.