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title: "Qualité de l’air dans les transports publics : comment restaurer la confiance ?"
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date_published: 2020-12-11
date_modified: 2024-06-26
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  - Innovation
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# Qualité de l’air dans les transports publics : comment restaurer la confiance ?

![Qualité de l’air dans les transports publics : comment restaurer la confiance ?](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2020/12/gettyimages-1272679625-1.jpg)

**La qualité de l’air est un problème structurel, qui n’est pas apparu avec le Covid-19. En revanche, la crise sanitaire l’a remis au cœur des préoccupations des usagers, qui se sont détournés des transports publics au profit des transports individuels. Il existe une forte volonté des opérateurs et des autorités de transport d’apporter des solutions et de rétablir la confiance, essentielle pour que les voyageurs puissent à nouveau utiliser les transports publics. Quelles sont les solutions permettant d’améliorer la qualité de l’air ? Comment choisir la mieux adaptée à chaque situation ? Nos experts apportent des éléments de réponse.**

La qualité de l’air est l’un des sujets les plus préocupants du 21e siècle. Dans
le monde entier, des personnes souffrent de maladies graves dues à la mauvaise
qualité de l’air dans les villes, causée notamment par le développement des
transports terrestres et l’impact croissant du chauffage résidentiel et des
activités industrielles. On estime que la pollution de l’air provoque environ 7
millions de décès prématurés par an dans le monde (11,6 % de l’ensemble des
décès dans le monde), dont 630.000 en Europe. Sans surprise, les grandes villes
sont les plus touchées^(1) .

Personne n’est vraiment protégé efficacement contre la pollution, et les
transports publics ne font pas exception. La pollution des stations de métro,
des tunnels et des trains provient à la fois de l’extérieur et de la circulation
du matériel roulant. A la surface, les voyageurs sont également constamment
exposés à la pollution émanant de la circulation routière.

Selon des mesures récentes de la qualité de l’air effectuées dans les stations
de métro du monde entier, la pollution y dépasse considérablement les niveaux
recommandés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), notamment en ce qui
concerne la concentration de particules PM2,5 (aussi appelées particules fines).
Lorsque l’on sait que de nombreux passagers passent 60 à 90 minutes par jour
dans les transports publics pendant leur vie professionnelle, cet impact ne peut
plus être ignoré ! Dans le cas des trains à grande vitesse et des trains
régionaux, les passagers passent de 2 à 6 heures à bord par voyage. Là encore,
une bonne qualité de l’air est primordiale.

La crise sanitaire mondiale actuelle liée au Covid-19 a modifié les priorités
des populations en matière de transport, avec une baisse de confiance dans les
transports publics et un glissement vers les modes de transport individuels. Une
désinfection régulière et des mesures de distanciation physique sont
essentielles pour que la population se sente à nouveau en sécurité^(2), mais ces
mesures ne sont pas suffisantes.

## Une approche systémique, qui ne se limite pas au matériel roulant

La qualité de l’air et la propreté des surfaces sont des enjeux majeurs pour
rétablir la confiance dans les transports publics et accélérer le retour à la
normale. La question de la qualité de l’air doit être abordée pour tous les
aspects du système de transport, y compris le matériel roulant et les
infrastructures.

- **Dans les zones urbaines et suburbaines**, les passagers passent un temps
  relativement court dans les transports, généralement surpeuplés, ce qui
  augmente la proximité avec les autres passagers et le risque de contact avec
  des surfaces potentiellement infectées (mains courantes et sièges). L’air
  circulant dans les dispositifs de ventilation et/ou de climatisation contribue
  à la propagation de la pollution et des virus, mais le risque est faible en
  raison de l’éloignement de la source d’air. En revanche, pour les conducteurs
  et autres personnels, qui passent des heures à bord, les systèmes de
  climatisation doivent viser à réduire sensiblement le mélange de bactéries et
  de virus.

- **Dans les zones suburbaines et interurbaines**, les risques sanitaires sont
  relativement élevés en raison du recyclage de l’air par le système de
  climatisation et des contacts durables avec les surfaces potentiellement
  infectées (sièges, tables) et les toilettes.

- **En ce qui concerne les infrastructures**, tous les emplacements et les
  contrôles d’accès, y compris les terminaux de paiement, doivent également être
  pris en compte.

SYSTRA, spécialiste des systèmes de transport,  a analysé les moyens de mesurer
et de réduire les niveaux de polluants, bactéries ou virus, pour chaque facteur
de propagation des particules et micro-organismes nocifs en suspension dans
l’air.

## Comment choisir les solutions de traitement de l’air les plus efficaces ?

Afin de proposer la solution la mieux adaptée à chaque situation, nous proposons
un processus en trois étapes.

### Étape 1 : acquérir une information et une compréhension approfondies de la situation

Le diagnostic de la situation à bord du matériel roulant ou dans les gares passe
par une analyse de rétro-ingénierie : comment le matériel a-t-il été construit
ou fabriqué ? Pourquoi certaines solutions de construction et de traitement de
l’air ont-elles été choisies ? Qu’est-ce qui pourrait être modifié à moindre
coût ? Qu’est-ce qui ne peut pas être modifié ?

- **ENVIRONNEMENT DU SYSTÈME DE TRANSPORT**

Concernant les infrastructures de métro, SYSTRA convient d’établir pour chaque
cas un profil de circulation d’air de la station, à l’aide d’un logiciel de
modélisation CFD (Computational Fluid Dynamics), afin de définir comment l’air
circule de/vers le tunnel, par les puits d’extraction et par les accès à la
station, au niveau des quais.

L’analyse de la situation à bord du matériel roulant implique la compréhension
de la solution de traitement de l’air mise en œuvre au niveau du HVAC (Heating,
Ventilation, Air Conditioning) (ou simplement de la ventilation), la qualité de
l’étanchéité des portes et des fenêtres, la fréquence des arrêts et de
l’ouverture des portes, l’aménagement intérieur du train et la circulation de
l’air assurée par le HVAC ou la ventilation.

- **NATURE, SOURCE ET QUANTITÉ DE POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES**

Les données collectées par l’opérateur sont ensuite classées en termes
d’occurrence, de nature, de quantité et de toxicité. Cela permet de spécifier
les campagnes de mesure appropriées et d’analyser les chiffres après la
collecte.

SYSTRA a une vision globale des risques qui prévalent dans l’environnement des
différents modes de transport. Ils sont résumés dans les deux tableaux
ci-dessous.

![image1](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2020/12/image1-1024x483.png)

_Comparaison de la qualité de l’air dans différents modes de transport. Sources : Pollution atmosphérique n°215 – Juillet-sept 2012 : Évaluation de l’exposition des citadins aux polluants atmosphériques au cours de leurs déplacements dans l’agglomération parisienne” ; \*EASA, 2014, “Preliminary cabin air quality measurement campaign”._

| 󠀁**Polluant**󠁿 | 󠀁**Nature de polluant**󠁿 |
| --- | --- |
| 󠀁**PM10**󠁿 󠀁**PM2.5**󠁿 | 󠀁**Particules primaires : **󠁿mélange de différents composés chimiques provenant du trafic routier, du secteur résidentiel, des chantiers de construction, de l’agriculture. Particules secondaires : NO2, SO2, NH3, COV réagissent les uns avec les autres, suspension de poussière du sol. |
| 󠀁**NO󠀁_(2)󠁿**󠁿 | 󠀁**Combustion incomplète**󠁿 (trafic routier et chauffage résidentiel) : se forme naturellement dans l’atmosphère à partir du NO et de l’O3. |
| 󠀁**CO󠀁_(2)󠁿**󠁿 | 󠀁**Source liée à l’activité humaine**󠁿 : combustion de combustibles fossiles. Source naturelle : respiration et décomposition. |
| 󠀁**CO**󠁿 | 󠀁**Combustion incomplète**󠁿 (trafic routier et chauffage résidentiel). |
| 󠀁**COV (composés organiques volatils)**󠁿 | 󠀁**Large gamme de produits**󠁿 : raffinage du pétrole, combustion, utilisation de peintures et de produits de nettoyage, revêtement. |

_Principales sources de pollution de l’air dans les transports publics . Source : https://www.airparif.asso.fr/_

### Étape 2 : proposer plusieurs solutions de traitement de l’air

L’amélioration de la qualité de l’air dans une station de métro ou dans un train
peut être obtenue grâce à la combinaison de divers dispositifs, équipements et
changements structurels.

Outre une connaissance approfondie de la politique de ventilation des stations
de métro liée aux normes internationales (NFPA 130, par exemple) et à la
réglementation des ERP (Etablissements Recevant du Public), il peut être utile
d’effectuer une évaluation comparative régulière sur les solutions de traitement
d’air industriel, afin de proposer des recommandations adaptées à chaque cas.

Ces recommandations portent sur la conception des infrastructures pouvant avoir
un impact sur la qualité de l’air (quais, accès, locaux d’équipement, tunnels,
etc.).. Nous prenons également en compte l’impact des façades de quai sur le
débit d’air, sur la gestion de la température et le contrôle des fumées.  pour
alimenter nos études de faisabilité

Enfin, dans la mesure du possible, il est préférable de limiter les émissions à
la source. Les systèmes de transport en produisent notamment par le freinage
mécanique, l’usure des pneus sur les rails pour les métros à pneumatique, la
friction sur les rails, la dégradation de l’infrastructure (ballast, voie
béton), les véhicules diesels… Pour réduire les émissions à la source, des
solutions existent et les industriels et équipementiers développent actuellement
des produits innovants. Toutes les sources de polluants qui ne peuvent être
évitées doivent être traitées par la suite.

Il existe aujourd’hui sur le marché plusieurs solutions de traitement de l’air ,
et d’autres sont en développement . Le défi réside dans la sélection des
équipements les plus appropriés pour la filtration de l’air en fonction des
risques évalués. Une combinaison de plusieurs solutions peut être nécessaire,
comme le montre la figure ci-dessous.

![image2](https://www.systra.com/wp-content/uploads/2020/12/image2-1024x439.png)

_Technologies de traitement de l’air_

### Étape 3 : évaluer les performances de la solution technique

Après avoir sélectionné les solutions impliquant si nécessaire des modifications
architecturales et structurelles, ainsi que les dispositifs industriels de
traitement de l’air, les solutions proposées sont validées par le biais de la
simulation.

SYSTRA propose à ses clients un portefeuille de services pour les aider à créer
des solutions, de la conception à la mise en œuvre :

- En aidant l’opérateur à **planifier des phases de mise en œuvre** qui tiennent
  compte des contraintes d’exploitation et de maintenance du système de
  transport.
- En **préparant les exigences techniques** des changements structurels et des
  équipements à acquérir et à installer, en mettant l’accent sur les facteurs
  FMDS (Fiabilité, Disponibilité, Maintenabilité + Sécurité, ou RAM+S en
  anglais) des nouveaux équipements et sur la performance globale de la station
  ou du train.
- En **consolidant une estimation préliminaire des coûts du projet**
  d’amélioration de la qualité de l’air et en aidant l’exploitant ou le maître
  d’ouvrage à choisir parmi les solutions proposées.
- Après une phase de construction et d’essai du projet, en
  ** suivant l’amélioration de la qualité de l’air** à court et moyen terme.

## POUR CONCLURE

Impliqués dans la création d’une mobilité plus durable, plus sûre et plus
accessible, nous proposons une approche systémique visant à traiter le problème
de la qualité de l’air et à restaurer la confiance des passagers dans les
réseaux de transport public.

Redonner confiance dans les transports est un enjeu majeur pour que les
transports publics restent la colonne vertébrale des villes durables de demain.

Nous sommes prêts à relever les défis spécifiques de nos clients et à créer avec
eux le transport propre de demain, depuis la conception originale, jusqu’aux
essais et à la mise en service d’un système de transport pleinement considéré
comme un environnement sain.

Même si nous souhaitons tous vivement que l’épisode du Covid-19 soit bientôt du
passé, la prise de conscience qu’il a généré doit enclencher une dynamique forte
et durable pour améliorer la qualité de l’air dans les transports.

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[[1]](https://www.systra.com/expert_insights/qualite-de-lair-dans-les-transports-publics-comment-restaurer-la-confiance/#_ftnref1)
 European Public Health Alliance : “
_How much is air pollution costing our health? _“, octobre 2020.

[[2]](https://www.systra.com/expert_insights/qualite-de-lair-dans-les-transports-publics-comment-restaurer-la-confiance/#_ftnref2)
Source : étude McKinsey : “
_Transportation during the pandemic: what is considered safe?”_ , août 2020.